Iran 2012 – Téhéran – Imam Khomeyni, day, shrine & airport…

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Aujourd’hui, retour en Suisse. Vol Turkish Airlines prévu à 8h25 à l’Imam Khomeyni International Airport (IKIA), destination Istanbul où j’ai cinq heures à poireauter avant de repartir sur Genève. Le soir d’avant, après un bug de ma part sur ma date de retour, j’organise le trajet jusqu’à l’aéroport avec un des gars de l’hôtel qui arrondit comme ça ses fins de mois. Il parle à peine deux trois mots d’anglais, mais me fait comprendre qu’il y a un blème. Le jour de mon vol, le 3 juin, tombe sur le jour anniversaire du décès de l’Imam Khomeyni. Ce jour-là, l’Iran (enfin, une partie…) est en transe. C’est LE jour d’affliction national et des milliers de pèlerins viennent se recueillir au tombeau du guide révolutionnaire.

En soi, ça ne me pose pas trop de problème, sauf que… Sauf que le tombeau en question est situé en bordure de l’autoroute qui mène de Téhéran à l’aéroport, donc en plein sur mon chemin. Et elle est fermée.

Il faudra donc la contourner, ce qui rallonge considérablement le trajet, et partir plus tôt. On avait déjà décidé de partir aux aurores, mais là, c’est le ponpon. Réveil à 4h30 et départ à cinq. C’est plus les heures où je me couche que celles où je me lève, d’ordinaire. Bon, pas la choix. Je me couche à vingt-trois heures, tous mes bagages prêts à être embarqués en une seconde. Trois heures du mat’, besoin de pisser, je me réveille. Impossible de me rendormir, je fais la carpe jusqu’à 4h30 quand le vieux réceptionniste de garde me sonne. Arrive au même instant un texto d’Odopo [www.odopo.com] qui me dit agréablement que mon vol TK machin pour Istanbul de 7h30 est à l’heure. 7h30 ? mon vol est à 8h30 ! je vérifie le numéro du vol, c’est bien le même. Là, je commence quand même un peu à stresser. Je me douche rapidos et descends mes affaires, dont mes deux cents kilos de bouquins, à la réception.

Le gars de l’hôtel m’y attend déjà, prêt à partir, chemise blanche immaculée sur le dos. Je lui explique le problème du timing, ainsi qu’au vieux veilleur de nuit. Ce dernier donne des indications pour accéder à l’aéroport rapidement, malgré la foule qui se dirige vers la tombe de Khomeyni. Lui, pense qu’on sera sans problème dans les temps.

Il est cinq heures, Téhéran s’éveille (mais j’ai sommeil…)

On s’arrache quand même fissa. On roule dans des rues désertes, à l’exception d’une armada de balayeurs affairés à nettoyer la ville. J’avais entendu le frottement de leur balai sur le bitume au dessous de ma fenêtre durant mon insomnie, quelques dizaines de minutes plus tôt. Les piliers qui soutiennent les viaducs sont illuminés par des diodes aux couleurs saturées. Lentement, au loin, les montagnes se découpent à peine dans l’aube. Mon chauffeur prend de grandes avenues, de petites ruelles, à nouveau de grandes avenues et de petites ruelles. Quelques voitures commencent à faire leur apparition. On arrive à l’entrée d’une bretelles d’autoroute. Une voiture de flics y est arrêtée, un des keufs bloque le camion devant nous et le déroute. Il nous laisse passer. L’autoroute est bondée. Des cars, certains en rade, des voitures couvertes de drapeaux et de posters à l’effigie du révolutionnaire islamique. Et tous les deux cents mètres, des patrouilles de flics. A certains échangeurs, ils sont rassemblés par groupes de dix, vingt, trente, matraque à la ceinture. Des uniformes de toutes les couleurs, des tenues d’apparat, des véhicules banalisés ou de divers corps de police. Mon chauffeur demande son chemin à un flic de la brigade autoroute somnolant dans sa bagnole. Par la fenêtre, je distingue un écran d’ordinateur, ainsi que divers appareillages électroniques à l’usage indéterminé. Des camions de pompiers aussi, des dépanneuses, des ambulances. Même scène un peu plus loin, mon chauffeur se fait à moitié insulter par un flic grinche. La circulation s’intensifie, des cars arrivent par dizaines, des voitures par centaines.

A une intersection cependant, tout ce trafic semble canalisé vers une destination inconnue qui n’est pas celle du tombeau. Le gars de l’hôtel parlemente avec une des patrouilles qui finalement nous laisse passer en direction de l’aéroport et du Holly Shrine de l’Imam Khomeyni. On se retrouve sur une autoroute vide, mais toujours bordée de patrouilles de flics tous les deux cents mètres. Une longue procession progresse sur la bande d’arrêt d’urgence, d’immense drapeaux au vent. J’y distingue des longues chemises musulmanes, de longues barbes aussi.

Le tombeau de l'Ayatollah Khomeini

Quelques kilomètres plus tard, alors que le jour se lève, se distinguent en bord de route les minarets, puis les dômes et enfin tout le bâtiment abritant la dépouille du guide suprême. A cet instant, j’ai regretté de ne l’avoir visité durant mon séjour.

Adjacent au Holly Shrine, un énorme parking rempli d’ambulances. Et des flics, toujours des flics. Partout. Et on ne repère pas ceux en civil. Je me suis promis d’essayer de trouver, à mon retour, le nombre de flic par habitant dans ce pays. Ça doit être phénoménal…

Fin du trajet jusqu’à l’aéroport, où nous sommes arrivés à six heures, sur une autoroute toujours abandonnée, à l’exception de quelques cyclistes en VTT et, bien entendu, des patrouilles tous les deux cents mètres… Mon avion partait bien à 7h30 et non 8h30. Heureusement qu’on a prévu large.

3 et 4 juin, jours fériés en Iran

Le tombeau de l'Ayatollah Khomeini

Le 3 juin,  jour anniversaire du décès de l’Ayatollah Khomeyni, ainsi que le lendemain 4 juin, sont donc jours fériés en Iran. Tout ou presque est fermé. Comme le 3 tombe sur un dimanche cette année, beaucoup d’iraniens font le pont depuis le vendredi et quittent les grandes villes suffocantes pour des régions plus fraîches. Les lieux de villégiatures en altitude sont, paraît-il, pris d’assaut et leurs prix grimpent en flèche. Difficile de trouver à s’y loger. Mais les grandes villes se vident. Sauf Téhéran, apparemment…

***

Imam Khomeyni International Airport (IKIA)

Arrivé dans l’aéroport, je passe un premier contrôle aux rayons x de l’ensemble de mes affaires et vais faire mon check-in. Le gars au guichet me fait remarquer que j’ai trente-sept kilos de bagages, alors que j’ai droit à trente. Il me demande si c’est ok, je lui réponds que oui, vu que j’ai pas le choix. Il envoie le tout et ne me fait rien payer. Passage de l’immigration, café dans un bar derrière et je trouve un café fumeur à l’étage inférieur. Puis je craque quand même pour quelques sucreries à rapporter aux amis et à la famille. Ce serait dommage qu’ils n’y goûtent pas.

Passage du deuxième contrôle de sécurité. Quinze minutes d’attente, facile. Arrivé au portail, un écran placé au-dessus de nos tête énumère les objets interdits à bord. On y trouve notamment :

  • les rouleaux de scotch,
  • les cordes à sauter,
  • les arcs,
  • les nunchakus,
  • les catapultes,
  • les haches,
  • les teasers,
  • une série impressionnante d’armes de poing,
  • toute une panoplie de fusils,
  • les bâtons de dynamite,
  • une large variété d’obus et de balles,
  • etc.

Autres pays, autres mœurs…

Autres pays, autres mœurs…

Arrivé dans l’avion, les trois quarts des femmes virent prestement leurs foulards et leurs hijabs. A Istanbul, certaines se retrouvent en petits tops et jupettes presque mini qui dévoilent largement leurs charmes.

Autres pays, autres mœurs…

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